Camping à la ferme en Corrèze

L’été dernier, on a passé quelques jours en camping à la ferme en pleine Corrèze. Des vacances pour le moins rustiques, qu’on vous raconte à l’occasion du rendez-vous En France Aussi, dont le thème de ce mois de mai est « Se la couler douce » (thème choisi par Virginie du blog Les aventures d’Arthur et Thibaut). En camping à la ferme, même si on n’a pas fait grand-chose, on a vécu des tas d’aventures impliquant moult animaux plus ou moins sympathiques. Les deux dames et le petit chien vs la vraie campagne, c’est parti.

Van avec vue

Bienvenue à la ferme

Après quelques jours sur le plateau de Millevaches avec des amis, nous arrivons à la ferme la Bouriote dans le hameau de Garel sur la commune d’Hautefage. Nous sommes au sud de la Corrèze, non loin du Cantal et du Lot. Nous avons quitté les lacs et les forêts pour un paysage bien plus rural, sur un plateau cerné par la Dordogne. Le van crache un peu dans la montée, qu’il n’aime toujours pas, a fortiori quand les chaleurs montent. Et oui, nous sommes en plein mois d’août et la canicule s’annonce.

Nous sommes accueillies par la famille Eyrignoux, qui tient cette ferme de veaux de lait sur trois générations. Le camping est installé sur la propriété, non loin de leurs grandes maisons de pierre et des étables. Les emplacements sont hyper spacieux, avec une jolie vue sur les collines environnantes. C’est calme et ça tombe bien, c’est ce que nous cherchions. Ah, on va vraiment se la couler douce…

Mais la campagne, ce n’est pas ce qu’on croit. Je tends mon hamac entre deux grands arbres pour lire pépouze, la vue est belle, je suis à l’ombre, je me relaxe… mais quand je me relève, je m’aperçois que des insectes invisibles ont DÉVORÉ ma jambe gauche. Ça ressemble à des piqûres de moustiques, mais on est d’accord que les moustiques ne piquent que la nuit ? Et bien apparemment pas. De son côté, Vita est aux aguets, agacée par les mouches qui lui tournent autour. « Eh, je ne suis pas une vache, moi, vous vous êtes trompées de cible ! » Bref, ce séjour s’annonce comme une expérience intéressante, où d’animales prédatrices nous deviendrons des animales prédatées.

Le hamac de l’enfer

Le premier soir, nous confectionnons notre petit casse-croûte sur notre plaid, avec la vue. Hélène proclame à tout va combien cet endroit est magnifique alors que ma jambe gauche vit un supplice de démangeaisons et que je deviens un poil ronchon. C’est le moment que choisit une guêpe excitée par l’odeur de notre pique-nique pour venir planter son dard dans mon talon droit. Aïeeeeeeee ! Je ne suis pas très douillette en général, mais ça fait mal ! Apparemment, les guêpes sont déchainées avec la chaleur et je ne serai pas la seule à en pâtir dans les jours à venir. Je ne suis que râleries, grattage intempestif et élancements dans le pied pendant une partie de la nuit tandis qu’Hélène se répand en excuses et en admiration des lieux (c’est elle qui a eu cette idée, il faut qu’elle assume).

Balade du soir

Pourquoi choisir le camping à la ferme ?

Cela faisait longtemps qu’on en parlait et qu’on avait envie de tester ce type de vacances. Hélène a une passion pour le monde animal et on a toutes les deux une passion pour la bouffe, donc ce choix paraissait logique au bout d’un moment. Comme vous le savez peut-être, on a été végétariennes pendant trois ans et demi. Même si on est beaucoup moins strictes maintenant, c’est un sujet qui nous intéresse beaucoup : d’où vient ce qu’on consomme, comment consommer mieux et comment concilier les intérêts de chacun ?

On a chacune des approches différentes par rapport à ça. Pour moi qui ai grandi en ville, le monde rural est assez lointain et c’est facile de se dire que les personnes qui élèvent des animaux pour les tuer sont vraiment trop cruelles. En revanche, Hélène, qui a grandi en Mayenne, raconte que les petits boulots d’été s’y font souvent dans le monde agricole ou agro-alimentaire : castration du maïs, abattoir etc. C’est quand nous étions en Aveyron que nous avons recommencé à manger de la viande, et pour cause, c’est une région où l’élevage et ses traditions sont fortement ancrées.

Le camping à la ferme est donc une bonne option pour découvrir un peu le quotidien d’une exploitation agricole. J’avais plaidé pour qu’on choisisse une exploitation plutôt maraichère, mais Hélène avait une vraie curiosité pour l’élevage et c’est comme ça que nous avons atterri à la ferme La Bouriote.

La famille Eyrignoux répond volontiers à vos questions et, hors période de Covid-19, il est possible d’aller voir les vaches et d’assister à la traite, par exemple. C’est une exploitation de veaux de lait (la Corrèze en a fait une spécialité). Les vaches et les veaux passent beaucoup de temps dans les pâturages avoisinants, ils ont beaucoup d’espace. Les éleveurs sont attachés à leurs vaches, qui ont des noms. Par contre, on ne s’attache pas aux veaux, qui sont abattus au bout de trois à cinq mois. Ainsi va la vie à la ferme.

L’ambiance est assez différente d’un camping ordinaire, car on sent que les gens viennent ici pour une raison spécifique. D’ailleurs, La Bouriote attire de nombreux habitués. Nous avons rencontré une famille bretonne qui vient chaque année. Leur fils, d’une dizaine d’années, ne veut plus aller en vacances ailleurs. Tôt le matin, il se lève pour rejoindre les éleveurs et s’occuper des animaux. Apparemment, ces vacances ont suscité une vraie vocation pour lui ! Il faut dire que c’est un cadre hyper friendly et safe pour les enfants. Il y avait davantage un sentiment de communauté que dans les campings où nous allons d’habitude. Les gens parlent plus facilement et la configuration des lieux fait qu’on partage tous un grand pré, finalement. Lorsqu’il a fait très chaud certaines nuits, nous avons dormi sans crainte en laissant les fenêtres et la portière du van grandes ouvertes, ce qui n’est pas possible partout, loin de là.

Enfin, les équipements étaient nickels : douche et WC, deux grands frigos, une petite piscine, tri sélectif, tables abritées. Il vaut mieux faire quelques courses avant si vous n’avez pas envie de reprendre la voiture, mais vous ne manquerez de rien une fois que vous serez installés. Il n’y a pas de Wifi et c’est très bien comme ça ! Si vous n’êtes pas fan de camping, la Bouriote propose aussi des chambres d’hôtes.

Honnêtement, même si j’en fais des caisses dans cet article sur nos mésaventures, c’est une expérience qui est vraiment chouette. Après tout, ce n’est la faute de personne s’il a fait 35 degrés et si je supporte de moins en moins bien la chaleur. L’endroit était super, idéal pour avoir un vrai sentiment de déconnexion.

Hautefage et sa faune sauvage

Pendant ces vacances, nous n’avions pas envie de faire du tourisme, même s’il y avait des sites touristiques pas très loin. Non, nous avions juste envie de nous la couler douce, justement. On a repris le van une ou deux fois pour des courtes distances histoire de se ravitailler et de se rafraichir dans un petit lac à quelques kilomètres. Le reste du temps, nous avons fait quelques balades autour de la ferme, nous avons lu en profitant du calme et barboté dans la petite piscine.

Le climax de ce séjour a été d’aller au restaurant à Hautefage, le village voisin, accessible à pied. Nous voici donc Chez Janine, restaurant familial et sans chichis qui sert de la bonne cuisine corrézienne traditionnelle. On espère que vous aimez le canard ! (N’espérez pas d’options végétariennes ici). Petite info pratique: il vaut mieux appeler en avance pour s’assurer des horaires d’ouverture.

Alors que nous sommes attablées en terrasse devant nos généreuses entrées, qui arrive, par l’odeur alléchées ? Les guêpes, pardi. Cette fois, c’est Hélène qui fait office de proie, ainsi que la serveuse. Hélène est piquée à la main, la serveuse au bras. Enragées, les bestioles. Le patron va directement chercher du vinaigre dans sa cuisine et en distribue allègrement sur les piqûres. Bon à savoir : même du vinaigre de cuisine aide à atténuer la douleur. Il faudra qu’on en prenne dans le van ! Finalement, avec les autres clients, nous déménageons dans la grande salle à l’intérieur, histoire d’être tranquilles. Hélène déguste un peu, mais cela ne lui coupe pas l’appétit, Dieu l’en garde !

Après ce repas copieux et sympathique (malgré tout), nous nous promenons dans le village et suivons au hasard un sentier qui mène dans la forêt. Il fait encore plus de 30 degrés et nous cherchons de l’ombre ! Qui dit forêt, dit ombre, me direz-vous. C’est en partie vrai, mais les arbres retiennent aussi l’humidité et nous avons plutôt l’impression d’être en Corrèze équatoriale. Même s’il fait quelques degrés de moins, l’atmosphère est moite et lourde. La forêt est belle, on y voit quelques vestiges de cabanes en pierre. La Dordogne coule en contrebas.

Il y a des moustiques, mais ce ne sont pas les bêtes les plus impressionnantes que nous verrons lors de cette balade. Pendant que nous remontons vers le village, des feuilles se mettent à bouger sur le sentier. Vita commence à aboyer et nous voyons alors un serpent détaler à toute vitesse entre les arbres ! Il se propulse entre les racines, c’est comme s’il volait par à-coups. Je suis à la fois effrayée et impressionnée. Le pauvre serpent a dû avoir les pétoches lui aussi. Sur la fin de la balade, Hélène répète comme un mantra : « C’était sûrement une couleuvre, oui, je crois bien que c’était une couleuvre ». Allez, on va dire que c’était une couleuvre. La Corrèze, c’est la nature sauvage, on vous dit !

Pour notre dernier soir, nous avons droit à un orage mémorable, où les nuages noirs se dirigent droit vers nous et où les éclairs pètent au-dessus de nos têtes. Dans le van, il y a un petit chien qui n’en mène pas large et qui se blottit sous nos aisselles. Moi, j’adore les orages d’été. Le lendemain, on dirait que l’air est lavé, clair. Les températures ont baissé. Il est temps pour nous de redescendre vers la ville.  

Autrefois, j’aurais payé très cher pour aller dans un endroit où il fait 35 degrés, où on se fait piquer beaucoup, où il y a la mousson et où on peut voir des serpents à l’état sauvage. Honnêtement, ne cherchez plus l’exotisme à grands frais : allez plutôt faire du camping à la ferme en Corrèze !

Il y a beaucoup d’autres endroits très chouettes en Corrèze. Retrouvez notre itinéraire pour un roadtrip en Corrèze sur le webzine En France Aussi ! Et suivez le hashtag #EnFranceAussi pour d’autres histoires qui se la coulent douce.


18 réflexions sur “Camping à la ferme en Corrèze

  1. Quel séjour … piquant ! :p
    La seule fois où je suis allée en Corrèze, c’était pendant la canicule de 2003, quelle bonne idée ! Pourtant je supporte la chaleur, mais là, 42°C, je commençais à avoir des mots de tête et je ne mangeais plus rien ! :O
    Le plateau de Millevaches est un endroit que j’aimerais beaucoup découvrir, c’est toujours un projet dans les cartons ! 🙂

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    1. Ah ouais 42 degrés quand même ! Là il n’y a rien à faire, il faut juste attendre que ça passe. Le plateau de Millevaches c’est super beau, une ambiance plus moyenne montagne, on a beaucoup aimé. Les nuits étaient plus fraîches, ce qu’on apprécie beaucoup en van !

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  2.  » on est d’accord que les moustiques ne piquent que la nuit ?  »
    Moi, au Nouveau-Brunswick, grande tourbière de 73 000 m² : *verse une larme ou deux

    À part la problématique des insectes qui piquent, ce séjour a l’air de réunir tous les ingrédients d’une détente totale !

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    1. 😅 Ok je crois que niveau insectes qui piquent, le Canada n’a rien à envier à la Corrèze !! C’était bien relaxant en effet ces vacances à la ferme, je pense qu’on réitérera l’expérience.

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  3. Je ne suis défectivement pas fan de camping mais pour des endroits aussi beaux qu’authentiques (ou presque) il m’arrive de faire un effort. Avec ou sans guêpes. Comme vous vous en doutez, en ce moment la Mayenne nous prend tout notre temps libre mais découvrir la Corrèze me tente depuis un moment. Comme retourner dans le Lot.

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  4. Trouver de l’exotisme en Corrèze, je n’y aurais pas pensé… et pourtant !
    Je ne connais pas ce département du tout, mais avec ces vieilles pierres… je crois que j’irai tôt ou tard !
    Merci pour cette balade à la ferme 🙂

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  5. Haha j’adore ! Moi aussi je suis tombée sous le charme de ce sud Corrèze, bien moins touristiquement connu que la Dordogne ou le Lot voisins. Je ne connais pas l’expérience du camping à la ferme (parce que je ne fais jamais de camping) mais ça a l’air cool !

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      1. Tu sais, j’ai déjà dormi trois semaines avec un nid de guêpes au-dessus de mon lit et il ne m’est rien arrivé !

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  6. C’est super pour se la couler douce! Bon on passe toutes ces piqûres et c’est top ! 😅 Merci de ta participation !

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