Une soirée au Clos Troteligotte

Qui dit séjour dans le Lot, dit forcément bons vins, appellation Cahors et cépage Malbec obligent. Alors quand Camille, qui organisait notre séjour, nous a proposé une dégustation, on n’a pas vraiment hésité.  Ça aurait été manquer de professionnalisme, non ? Mais on est des femmes exigeantes, avec des critères et tout, alors on a dit à Camille :

– Ecoute, vraiment si tu insistes on va le faire, mais par contre on aimerait bien visiter un vignoble un peu bio, tout ça…

– Ah ouais, un truc de bobo quoi.

– Exactement !

– Ok, j’ai ce qu’il vous faut.

 

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Nous voilà donc quelque temps plus tard vers Villesèque, sous un soleil d’automne encore chaud, en route pour le clos Troteligotte. Je ne sais pas pour vous, mais déjà on adore ce nom. Ça sonne enfantin et gourmand à la fois.

C’est la pleine période des vendanges mais Emmanuel et Emilie Rybinski prennent le temps de nous ouvrir leurs portes et de nous faire découvrir leur travail. Les gars reviennent des vignes et déchargent le raisin dans les cuves où le fruit va macérer et fermenter. Il y a des mixtures toutes bizarres qui attendent d’être goûtées jour après jour avec amour. Emmanuel, qui se définit comme paysan vigneron, nous explique que le clos Troteligotte pousse sur un terroir argilo-calcaire sidérolithique. Ça veut dire quoi ? Et bien qu’il a la particularité d’être riche en fer, comparé aux autres domaines de Cahors.

 

 

 

Autour de nous (Ruby sniffe le sol passionnément, il faut dire que ça sent fort l’alcool par ici), se tiennent les grandes cuves en béton, ainsi que des fûts de chêne et, plus rare, des jarres en terre cuite qui m’intriguent beaucoup. Elles sont destinées au vieillissement de quelques crus spécifiques (on en goûtera tout à l’heure) et me rappellent les amphores de vin qu’on voit dans Astérix. Je trouve ça cool, d’utiliser ce contenant presque archéologique.

 

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On laisse les gars travailler et on s’installe au bar du K-où, le grand loft vigneron où les Rybinski accueillent leur clientèle et organisent des expos ou des soirées dégustation. Emilie nous raconte l’histoire du vignoble et son évolution. Une histoire de terre et de famille, de tradition et de modernité, que résument bien les deux bouteilles qui sont posées sur le bar : l’une date de 1990 et porte une étiquette de style, disons, traditionnelle, avec un paysage du coin en sépia et un canard au premier plan ; la seconde date de 2015 et a subi un indéniable relooking avec son étiquette épurée et graphique autour d’un grand K, devenu l’emblème de la maison. Car tous leurs vins portent des noms avec des jeux de mot rigolos autour de la lettre K : K-nom, K-or, K-libre, K-2 ou encore K-Pot’ (oui, ils ont osé).

 

 

 

Alors, relooking du nom et des étiquettes, est-ce que ça veut dire relooking dans la bouteille aussi ? Evidemment ! D’abord à travers une démarche de transition vers l’agriculture biologique et la biodynamie. Emilie nous parle avec passion des différentes étapes de ces processus. Même si tous leurs vins ne sont pas encore produits en bio, c’est leur objectif à terme. En tant que consommateur, c’est intéressant de garder à l’esprit que les certifications prennent du temps et qu’il faut soutenir les producteurs qui s’engagent dans cette voie, même avant qu’ils obtiennent les labels.

 

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Quant à la biodynamie, c’est un peu la vitesse supérieure du bio. Il s’agit (en très très gros) de revenir aux rythmes de la Nature avec un grand N, c’est-à-dire de respecter notamment les échanges entre végétaux et animaux, mais aussi la rotation des planètes. Emilie nous explique par exemple qu’on doit suivre le cycle de la Lune pour appliquer certains produits. Ces règles et ces ressentis ont été utilisés par les paysans durant des siècles et des siècles.

Voilà la modernité d’aujourd’hui : (ré)concilier notre époque avec certaines traditions. Je pense que notre génération est globalement sensible à cette démarche, en tout cas je l’espère. Pour la petite histoire, le père d’Emmanuel, qui possédait le clos avant, s’est montré très réticent lorsque la jeune génération a voulu faire bouger les choses. Mais avec le temps, il semble qu’il soit devenu plus royaliste que le roi. Comme quoi…

 

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Et le goût alors ? Il évolue lui aussi, et les producteurs s’adaptent en conséquence. Le vin de Cahors, connu pour être fort et bien râpeux (on voit que j’utilise là mon propre vocabulaire vinicole), a tendance à s’adoucir ces temps-ci. Pour le coup, moi qui aime bien les vins qui restent sur la langue (même remarque), je le regrette un peu. Mais les goûts et les couleurs…

 

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Emilie nous fait goûter leur gamme de vins rosés, blancs et rouges. Avec Hélène, on se sent toujours con car on n’arrive pas du tout à décrire le vin comme ces gens qui disent d’un air très sûr d’eux : « Hum, c’est boisé en tête avec une note de myrtille acidulée. » (Vous voyez, ces gens !) La seule chose qu’on arrive à dire, c’est plutôt : « Oh c’est… (on dirait fruité, mais c’est normal, c’est du fruit, si je dis que c’est charpenté, je vais avoir l’air débile si c’est pas du tout ça, minéral peut-être ?) … bon, c’est vraiment bon. »  Et voilà. Heureusement, les gens passionnés par le vin ont en général beaucoup de choses à raconter et notre ignorance passe relativement inaperçue.

 

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Note pour nous-mêmes : pour avoir une photo nette, la faire AVANT la dégustation.

 

Donc si on vous dit que les vins Troteligotte sont « vraiment bons », ça ne vous avance pas beaucoup. J’ai eu un coup de cœur pour le K-libre, un chenin blanc élevé en jarre de terre cuite que j’ai trouvé (allez, je me lance) très subtil et minéral. Hélène a aimé le K-Pot’, un vin naturel sans ajout de soufre. La fermentation se fait de façon entièrement naturelle et donc concrètement ça veut dire : aucun mal de tête à craindre ! Il se boit super bien même s’il ne vieillit pas beaucoup.

 

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Proverbe lotois ! (Vu à Puy l’Evêque)

 

Mais le mieux, c’est que vous goûtiez vous-mêmes 😉 Allez faire coucou aux Rybinski de notre part si vous passez dans le coin ou dans les différents salons auxquels ils participent, et en attendant allez faire un tour sur leur site (c’est vrai, les fêtes approchent, autant boire du vin certifié « vraiment bon » de producteurs certifiés « vraiment sympas ») !

 

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Après ça, pas question de reprendre le volant évidemment ! Emmanuel et Emilie, qui ont investi dans un camping-car récemment et connaissent eux aussi les joies de la #vanlife, nous laissent passer la nuit sur leur domaine (et on a même accès à la salle de bains, youpi). On profite de la vue sur les vignes et les champs, des chemins qui sinuent dans les collines alentour et du jour qui tombe avec douceur. C’est sûr, si on habitait dans le coin, on viendrait souvent par ici.

 

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Merci à Emilie et Emmanuel pour leur accueil !

Et pour plus d’informations sur la région : http://www.tourisme-lot.com / http://www.tourisme-lot-vignoble.com / tourisme-cahors.com

 

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